Les mots de l’imprimerie: troisième partie

Les points par pouce

Pour obtenir les images imprimées les plus précises possible en impression offset, il faut une résolution de 300 ppp (ou dot per inche, dpi en anglais) au format final, c’est-à-dire au format de l’impression. Il est possible d’imprimer un travail de qualité avec une résolution plus petite. Toutefois, il serait hasardeux d’aller sous les 200 ppp pour des travaux d’impressions sur papier comme des magazines, dépliants, etc. surtout si la photo est grande. (À l’exception des imprimantes jet d’encre qui fonctionnent avec des trames différentes de celles utilisées en impression offset.)

Du pixel au point

Les pixels de l’image numérique sont décomposés en points afin de former la trame d’impression. Si le nombre de pixels est insuffisant, le nombre de points sur la trame sera limité, diminuant d’autant la finesse des détails. Lorsqu’il manque des pixels, plusieurs logiciels de traitement de l’image compensent en ajoutant des pixels entre les pixels présents. Toutefois, la plupart des logiciels ajoutent une valeur mitoyenne entre les pixels. Ce phénomène de compensation a tendance à rendre les reproductions floues. Par exemple, entre une bande noire et un fond blanc apparaîtra une rangée de pixels gris entre les deux. Lorsque la résolution est trop faible pour être compensée, les pixels sont grossis, donnant l’effet visuel de pixelisation, aussi surnommé l’effet d’escalier.

Résolution au format final

Avant de remettre un travail à son imprimeur, il est important de vérifier que les images ne sont pas à 72 ppp, soit la résolution des écrans d’ordinateur. De plus, le 300 ppp recommandé l’est au format final. Donc, si votre photo a 300 ppp à un format 2,125 pouces x 2,75 pouces, elle ne peut être agrandi à 8,5 pouces x 11 pouces pour servir de couverture à un magazine, car elle n’aurait alors que 75 ppp au format final.

Linéature

En imprimerie, la linéature est le nombre de lignes d’impression que l’on retrouve sur un pouce. Ces lignes sont composées de points de trame. Les linéatures les plus courantes en imprimerie sont 120 lpp, 133 lpp , 150 lpp (ou lines per inche, lpi en anglais). Une formule toute simple pour connaître le nombre de ppp que vous avez besoin pour obtenir une impression de qualité est de multiplier la linéature par deux : donc 150 lpp x 2 = 300 ppp ; 133 x 2 = 266 ppp ; etc.

En résumé : plus la résolution est élevée, plus les points sont nombreux, plus l’image est détaillée.

Pourquoi 300 ppp et non pas 400 ppp ?

Notre oeil ne perçoit pas les détails au-delà de 300 ppp. Il ne sert donc presque à rien d’imprimer des images à 400 ppp.

La typographie : un art négligé, mais important

Le dessin des lettres est considéré par plusieurs comme un art véritable. Le choix approprié des fontes peut à lui seul rehausser la qualité d’une oeuvre imprimée. Selon la fonte qu’il choisit, le graphiste peut donner une allure chic, tendance ou classique à son travail. Ses choix peuvent faciliter la lecture ou, au contraire, nuire à la communication.
Avant l’arrivée de la micro-édition, le typographe occupait un métier à part entière. Depuis qu’elle a été incorporée en grande partie à la profession de graphiste, la typographie a perdu ses lettres de noblesse. Il serait bon pour la profession de graphiste que le volet typographie regagne un peu de sa crédibilité passée. Les communications imprimées y gagneraient en efficacité.
On oublie trop souvent qu’une fonte idéale pour les titres peut devenir presque illisible une fois transposée au texte. Le choix des fontes a un impact direct sur le taux de rétention des messages : ce n’est pas à prendre à la légère.

Pour ceux qui aiment ou veulent découvrir la typographie, voici un extrait du documentaire Helvetica qui nous montre avec brio à quel point la typographie fait partie de nos vies.